Semaine de l'emploi maritime : portrait de Nelly Grassin

Nelly Grassin, Responsable Sécurité et Environnement chez Armateurs de France nous raconte son parcours.

 

1. Pourquoi avoir choisi de faire carrière dans le domaine du transport et des services maritimes ?

Habituellement, on ne devient pas marin par hasard. On a toujours un père, un oncle ou un cousin ayant le pied marin. Et très souvent on est breton ! Mais étonnamment ce n’est pas mon cas.

J’ai grandi à La Rochelle. Sans être férue de voile, la mer était tout de même mon univers. Un espace apaisant dans lequel j’aimais me retrouver. Alors que j’entamais ma deuxième année en prépa HEC, j’ai opéré un virage à 180° et j’ai suivi les traces de mon frère ainé, étudiant à l’ENSM. Il m’a fait rêver en me racontant sa première expérience en mer et je ne me voyais pas travailler toute ma vie derrière un bureau.

Et me voici quelques mois plus tard embarquée dans ce milieu masculin. J’ai aimé devenir polyvalente, touche à tout, débrouillarde avec tout ce que le bord avait de disponible. Très jeune, j’ai été responsabilisée avec la prise du quart à la mer, seule, à 4h du matin dans le détroit du Pas-de-Calais. Ce métier m’a apporté beaucoup d’autonomie, m’a appris l’adaptabilité et m’a surtout permis de voyager !

 

2. Quel a été votre parcours ?

J’ai intégré l’ENSM à Marseille en 2004 pour suivre la formation Chef de quart polyvalent.

J’ai profité de mes « temps d’élève » pendant mes études pour découvrir différents secteurs d’activité et donc différentes navigations : mon premier embarquement s’est fait sur un gazier de Gazocean, un vieux « turbinard » qui travaillait entre Fos et l’Algérie. J’ai également profité de mes temps d’élève pour découvrir le monde du ferry (Brittany Ferries) et celui du conteneur (Maersk). J’ai enfin été breveté (Brevet de chef de quart de navire de mer) sur un câblier de Louis Dreyfus Armateurs (LDA) qui m’a offert mon premier poste d’officier. J’ai apprécié l’univers très particulier de ces navires qui ne se limitent pas à transiter des marchandises ou des passagers mais qui travaillent en mer avec des techniciens spécialisés.

 


©Franck Dunouau

 

C’est donc naturellement que je suis revenue sur les câbliers après l’obtention de mon diplôme d’Etudes Supérieures de la Marine Marchande en 2010. Chez LDA, j’ai abordé la navigation sous différentes fonctions : chef de quart passerelle, officier câble, hydrographe ou opérateur de positionnement dynamique.

Deux expériences à terre ont également ponctué mon parcours. En 2012, Alda Marine (Alcatel et LDA) m’a proposé d’être détachée à terre plusieurs mois au sein d’une équipe de navigants pour établir des procédures techniques de pose de câble en mer au milieu des champs pétroliers.

En 2017, c’est une compagnie indonésienne propriétaire de câbliers qui a fait appel à mes services pour la mise en place d’un « système qualité ».

 

3. Pouvez-vous nous parler de votre poste actuel ? Quelles sont vos missions ?

Depuis un an, je travaille chez Armateurs de France, l’organisation professionnelle représentative des entreprises françaises de transport et de services maritimes. En tant que responsable aux affaires techniques, je conseille les entreprises adhérentes sur les questions essentielles de sécurité, de sûreté et d’environnement. Mon rôle consiste également à défendre leurs intérêts auprès des instances nationales, européennes et internationales afin d’assurer le développement de l’économie bleue.

 

4. Quelle est la plus belle expérience que vous avez vécue sur l’eau ?

Difficile de répondre à cette question ! Tant de levers et de couchers de soleil dont je ne me suis jamais lassée ! Même lorsque la mer nous malmenait, c’était très beau de voir les éléments se déchainer et très impressionnant de voir notre navire tenir bon malgré toutes les embardées et tous les à-coups qu’il subissait.

Cependant, sans aucun doute, le meilleur moment reste celui où, après plusieurs semaines en mer, nous nous rapprochions enfin des côtes pour quelques heures de répit ou un débarquement bien mérité !

 

Photo : ©Nelly Grassin
 
Date publication: 
Mercredi, 13 mars, 2019 - 10:00
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