Le navire du futur

Armateurs de France était présent au Salon Nautique International de Paris 2018 pour le mini-colloque sur "La mer et l'espace", représenté par Amélie Alonzo, doctorante en droit maritime. Sa spécialité : les navires du futur et par extension les navires autonomes. Retour sur son intervention.

Si pour la plupart des armateurs français, le navire du futur est avant tout un navire bénéficiant d’une empreinte environnementale réduite, de nombreuses compagnies ont choisi de voir plus loin. C’est pourquoi de nombreux représentants français (d’industries, d’armateurs, de sociétés de classe, de personnels navigants…) ont suivi les discussions autour de ses enjeux à l’Organisation Maritime Internationale (OMI) début décembre 2018. L’OMI examine depuis 2017 l’exploitation sûre, sans danger et écologique des navires de surface autonomes. Afin d'être développé en haute mer, ces projets ont besoin d’un cadre juridique. Le terme « navire autonome » a donc été défini par l’OMI de façon très large comme étant un navire qui peut fonctionner de façon partielle ou totale sans intervention humaine*.

Aujourd’hui, l’intérêt des compagnies maritimes se porte surtout sur le premier degré d’autonomie. Ainsi, CMA-CGM collabore avec la start-up Shone afin de développer un système d’intelligence artificielle à bord des navires, dans le but de faciliter le travail des équipages, en matière d’aide à la décision, d’aide au pilotage ou de sécurité maritime.

Certains armements français vont encore plus loin vers l’autonomie. C’est notamment le cas de Bourbon qui s’est associé avec la société Kongsberg en signant un accord stratégique de développement collaboratif portant sur les navires autonomes et connectés. Les deux partenaires travaillent à explorer et mettre en œuvre des solutions techniques et digitales pour renforcer la sécurité et optimiser le coût des opérations tout en améliorant le niveau d’excellence opérationnelle. 

Depuis 2015, le groupe Rolls Royce travaille au développement du navire « Falco », un ferry de 54 mètres dit « autonome ». Relié en 4G, Wifi et connexion satellite, le ferry, surveillé en permanence depuis un centre situé à 50 kilomètres, a récemment effectué sa première traversée de quelques kilomètres de façon totalement autonome. Son retour s’est, quant à lui, effectué en mode télécommandé.

 

©Youtube Rolls-Royce

 

Autre exemple, Wärtsilä a équipé un navire de système de navigation autonome permettant la navigation entre trois ports, des manœuvres d’accostage ainsi que des entrées et sorties des ports de façon autonome avec un contrôle depuis la terre. Un mode de « pilotage automatique » qui autorise l’intelligence artificielle embarquée à prendre le contrôle du navire est également présent.

Néanmoins il est important de se pencher sur l’existence d’obstacles au développement de ces engins dits « du futur »  pour le niveau intégrant un pilotage du navire depuis un centre opérationnel à terre. Beaucoup de problématiques règlementaires apparaissent, notamment sur leur statut : comment vont-ils être surveillés ? Seront-ils certifiés comme les navires ? Quel sera le statut du personnel ? etc.

 

* Quatre niveaux d’autonomies différents ont été déterminés :

  • Le navire doté de processus et d'une aide à la décision automatisés. Du personnel se trouvant à bord du navire exploite et commande les systèmes et fonctions de bord, mais certaines opérations peuvent être également automatisées.
  • Le navire commandé à distance avec du personnel embarqué. Le navire est commandé et exploité à partir d'un autre endroit, mais des humains sont tout de même à bord.
  • Le navire commandé à distance sans personnel embarqué. Le navire est commandé et exploité à partir d'un autre endroit, et il n'y a aucune présence humaine à bord.
  • Le navire complètement autonome. Le système d'exploitation du navire est en mesure de prendre des décisions et de déterminer de lui-même quelles sont les mesures à prendre.

VOIR LES ACTUALITÉS LIÉES :

Date publication: 
Jeudi, 13 décembre, 2018 - 09:30
Retour aux actualités