Méditerranée : les armateurs français soutiennent l’établissement d’une zone ECA au bénéfice de la santé publique des riverains et demandent une feuille de route précise

Vendredi dernier, le Ministère de la transition écologique et solidaire présentait publiquement, à Marseille, les résultats d’une étude évaluant le bénéfice d’une réglementation plus stricte sur les émissions des navires en Méditerranée. Les armateurs français étaient au rendez-vous, représentés par leur Président, Jean-Marc Roué, venu répondre aux diverses questions de la salle.

Faire de la Méditerranée une zone ECA (pour Emissions Control Area, c'est-à-dire zone de contrôle des émissions), et ainsi y imposer des limites d’émissions de soufre (SOx) et d’azote (NOx) plus faibles, comme en Manche ou en Mer du Nord, telle est l’ambition de la France. L’étude d’impact, prouvant les bénéfices indéniables du plafonnement des émissions, n’est que la première étape, il faut désormais convaincre les autres pays riverains et surtout l'Organisation maritime internationale (OMI).

 

Armateurs de France salue la décision du Gouvernement français de porter cette ambition à l’OMI, premier régulateur en matière de transport maritime international. Il est essentiel que la mise en place d’une zone ECA en Méditerranée se fasse de façon globale sur l’ensemble la zone. L’adoption d’une mesure régionale amoindrirait en effet les règles d’équité entre les États et engendrerait des distorsions de concurrence.

« Les armateurs sont mobilisés pour faire face aux enjeux de santé publique, notamment des populations côtières et des villes portuaires, mais aussi pour lutter contre le réchauffement climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre », précise Jean-Marc Roué. En 2016, l’OMI a pris la décision de réduire de 3,5% à 0,5% les émissions de soufre issues des carburants utilisés pour la propulsion des navires. Ce nouveau plafond, appelé Global Cap 2020 et dont les réflexions ont commencé en 2008, sera mis en place au 1er janvier 2020. Les compagnies maritimes françaises sont prêtes : elles ont déjà fait le choix de s’équiper d’épurateurs de fumée ou de propulser leurs navires avec des carburants désulfurés ou au gaz naturel liquéfié. D’autres compagnies, comme La Méridionale ou Corsica Linea, spécialisées dans le transport de passagers, ont opté pour le branchement électrique à quai. Outre la suppression des émissions dans l'atmosphère liées à la production d'énergie à bord des navires, cette solution permet de diminuer les coûts de fonctionnement, mais aussi de réduire les nuisances sonores.

 

« Une réduction supplémentaire des émissions en Méditerranée est une bonne initiative. Les échéances de ce projet de réglementation qui ferait à nouveau peser de lourds investissements sur notre industrie, quelques années seulement après la mise en place de Global Cap 2020, nous préoccupent néanmoins. Pour rappel, l’application de Global Cap 2020 doit être soutenue par l’ensemble des filières d’acheminement des marchandises. Un calendrier aménagé et rigoureux s’appliquant à tous les navires circulant en Méditerranée nous semble indispensable pour l’ECAMed. Une entrée en vigueur rapide ne pourrait se faire sans un accompagnement par la création d’un fonds méditerranéen, voire européen pour la filière, par exemple en incitant à l’équipement de dispositifs vertueux qui réduiraient également les émissions de particules et de gaz à effet de serre » ajoute Jean-Marc Roué.

 

Evoquons enfin une autre mesure destinée à réduire l’empreinte du shipping : la réduction de la vitesse des navires, parfois appelée slow steaming. Immédiatement disponible, elle est a priori efficace puisque réduire la vitesse des navires revient non seulement à réduire les émissions mais aussi les coûts. Les bénéfices sont à la fois environnementaux et financiers. Armateurs de France plaide pour un ensemble de mesures opérationnelles et techniques adaptées aux particularités de chaque secteur en vue de réduire les émissions des navires et souligne que de telles mesures doivent impliquer tous les acteurs du maritime, car elles concernent toute la chaîne du shipping.


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Image : ©2019 Data SIO, NOAA, U.S NAvy, NGA, GEBCO, Landsat / Copernicus, IBCAO
Données cartographiques : ©2019 Google, ORION-ME

Date publication: 
Mardi, 22 janvier, 2019 - 14:15
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