Décarbonation du transport maritime : la filière salue un premier signal positif et un engagement concret de l’État
Armateurs de France, le GICAN et l’Union des Ports de France saluent l’annonce par le
Gouvernement, à l’occasion du Comité Interministériel de la Mer, de l’allocation de 90
millions d’euros issus des recettes du système européen d’échange de quotas
d’émission (ETS) au financement de la décarbonation du transport maritime.
Cette annonce intervient quelques jours seulement après la présentation par les trois
organisations du Plan Stratégique de Décarbonation du Maritime (PSDM). Elle constitue
un premier signal positif, une orientation claire en faveur du réinvestissement des
revenus ETS dans la transition du secteur. Cette décision engage l’État et l’ensemble de
la filière dans une trajectoire commune, concrète et structurante.
Le montant annoncé – 90 M€ pour une première année de mise en œuvre partielle de
l’ETS, sur la base de 40 % des émissions – s’inscrit dans la fourchette des estimations
les plus prudentes, mais confirme la pertinence du mécanisme en tant que levier de
transformation du transport maritime, de l’industrie et des ports vers la décarbonation.
Concernant la mise en place d’une gouvernance ad hoc, la filière souligne l’importance
de veiller à ce que les outils choisis favorisent la montée en puissance, la mise à l’échelle
industrielle et le déploiement effectif des solutions de décarbonation. L’industrie navale
continuera de s’appuyer sur les instances existantes tels que le Comité Stratégique de
Filière des industriels de la mer et le CORIMER pour soutenir le développement et
l’innovation de la filière.
Cette annonce représente une première étape, que la filière espère décisive. Pour
inscrire cette dynamique dans la durée, elle appelle à une visibilité pluriannuelle sur les
soutiens publics à venir. La pérennisation de cet effort est indispensable pour réellement
déployer le plan stratégique de décarbonation du maritime, au service d’une ambition
environnementale, industrielle et de souveraineté.
Le secteur maritime reste toutefois dans l’attente d’un signal tout aussi positif dans le
domaine social et de l’emploi de marins français à travers le rétablissement des
exonérations de charges patronales pour l’ensemble des armateurs, condition
indispensable au service d’une ambition maritime pleinement assumée par la Nation.