Jour après jour, Armateurs de France suit les débats. Chaque semaine, nous vous proposons nos « impressions d’audience »…
EPISODE 7
Vous pensez sans doute que nous avons jubilé en cette septième semaine. Le droit élémentaire applicable dans cette affaire a été exposé avec force et rigueur. Les évidences juridiques ont été affirmées. Devrions-nous nous en réjouir ?
Qu’il soit enfin parlé de droit, bien sûr. Mais qu’il n’en soit parlé que par la défense est regrettable. Parce que la cause défendue par les organisations environnementales est juste. Parce que l’image de la justice française donnée par cet appel n’est pas très glorieuse.
La cause environnementale est juste. Elle doit être partagée par tous. Les scientifiques doivent alerter, éclairer, évaluer. Au nom du principe de précaution, il faut entendre, prendre en compte, évoluer. Ensemble. C’est là tout le sens du concept de « développement durable ». La cause environnementale pour être « prise au sérieux » doit être défendue « sérieusement ». Lorsqu’elle dit « la vérité qui dérange », en 2007 comme en « 2012 », lorsqu’elle montre la fragilité des « Océans » et la beauté de « la Terre vue du ciel », lorsqu’elle sensibilise à l’avenir de notre « Home », elle marque des points politiques…et électoraux ! Lorsqu’elle travaille main dans la main avec les professionnels, elle avance. En revanche, lorsqu’elle verse dans l’opportunisme judiciaire, le sensationnalisme larmoyant et la revendication pécuniaire, elle se décrédibilise.
La cause environnementale ne sortira pas grandie de cette affaire. La France non plus, malheureusement.
Enfin de quoi avons-nous l’air quand la France s’émancipe du droit international par des pirouettes juridico-sémantiques dont la subtilité échappe totalement à la communauté internationale ? Quelle image donnons-nous de notre justice quand la salle d’audience se met à ressembler aux enchères à la criée ? Quand, pour justifier les demandes extravagantes d’indemnités, on frôle le procès en sorcellerie et la théorie de complot ? Quelle arrogance affichons-nous lorsqu’on prétend « faire jurisprudence internationale » ? Et paradoxalement, de quelle lâcheté avons-nous fait preuve en renonçant à poursuivre l’Etat du pavillon ?
La grandeur de la France maritime ne se mesure pas au sel de ses larmes sur les souillures de ses côtes.
La grandeur de la France maritime, c’est sa cohérence avec le droit qu’elle a construit pendant des siècles.