Les compagnies maritimes et les équipages sont les premières victimes des actes de piraterie.
Armateurs de France a salué l’action de la France, la mise en place d’ATALANTE (décembre 2008) et la mobilisation internationale dans la lutte contre la piraterie : si ce début 2009 enregistre déjà une centaine d’attaques, ce nombre encore très élevé est à rapprocher des 200 arrestations de pirates qui témoignent de l’efficacité de cette opération, couverte par des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Le débat sur l’emport de milices privées armées semble se rouvrir ainsi que celui de la mise à contribution des entreprises de transport maritime.
Armateurs de France, rappelle que l’emport de milices privées à bord des navires marchands est contraire aux recommandations internationales (OMI, BMI[1]), aux principes fondamentaux du droit et à la plupart des législations nationales. Cette présence est incompatible avec la sécurité des équipages, elle entraverait le bon déroulement des dispositifs militaires et générerait un risque évident d’escalade de la violence.
Armateurs de France a affirmé à plusieurs reprises son opposition au recours à des sociétés privées dont l’intérêt commercial est que la situation perdure ou s’aggrave. Cette position est partagée par les armateurs européens et internationaux.
C’est également la position constante du gouvernement français : « (…) il n’est pas souhaitable d’encourager les navires marchands battant pavillon français à l’embarquement de moyens privés de protection » (Courrier du premier Ministre, 2 janvier 2009).
A la recherche de nouveaux marchés juteux, les « vendeurs de sûreté » tentent d’approcher les compagnies maritimes par tous moyens : formation des équipages (vente de formation et coaching) ; défense passive des navires (vente de conseil et de matériel), alors même que tous ces aspects sont déjà pris en compte et mis en œuvre par les armateurs avec de véritables professionnels étatiques.
Armateurs de France rappelle également que la sûreté des personnes, en l’espèce des équipages français et/ou sous pavillon français, est une mission régalienne de l’Etat. Le secteur privé ne saurait s’y substituer ou le financer.
Un secteur d’activité ne peut à soi seul se substituer aux organes internationaux, dont c’est précisément la mission, pour financer la sûreté internationale et les politiques de développement économique mondial.
S’agissant, dans la zone Aden-Somalie, d’une opération internationale sous mandat de l’ONU, le premier Ministre a tranché : « il ne saurait être question de demander une quelconque participation financière aux armateurs des navires qu’elle protège. »
« Taxer d’1€ chaque tonne passant le canal de Suez pour financer la lutte contre la piraterie et le développement économique de la région, c’est un peu comme faire payer aux familles 1€ par kilo d’élève de ZEP pour lutter contre le racket à la sortie des écoles et la réhabilitation des quartiers sensibles ! » s’indigne Anne Sophie Avé, délégué général d’Armateurs de France. La solution est géopolitique et non commerciale.
La prévention de la piraterie et la protection des équipages génère déjà pour les entreprises maritimes des surcoûts considérables : assurances, primes de risque, équipement non létal, formation, réseau d’information, cellules de crise, et dans le pire des cas, traumatisme des équipages, perte d’exploitation, rançons... N’ajoutons pas de double peine à la peine !
[1] Organisation Maritime Internationale, Bureau Maritime International