À la « Hune »
2010-01-20
CLIMATTITUDE
2010 sera « l’année de la Biodiversité ». Et la biodiversité, c’est aussi celle des « Océans » comme l’a réaffirmé, lors de ses vœux, le ministre d’Etat Jean Louis BORLOO.
Depuis trois ans, de « pacte écologique » en Grenelles de la mer et de l’environnement, la France a placé l’écologie au cœur du débat public. Un éveil des consciences unanimement salué par les armateurs français.
Observateurs attentifs et marins chevronnés, armateurs et navigants ont depuis toujours à cœur de faire « partager la passion de la mer » mais aussi et surtout, de la préserver.
Parce que la doctrine de la mer appartenant à tout le monde (« mare nostrum ») l’a emporté depuis plus de 400 ans sur celle de la propriété de celui qui la découvre (« mare closum »), la règlementation maritime doit être celle de tous, par tous, pour tous.
Et c’est à l’organisation onusienne de la mer, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) créée il y a 60 ans, qu’il revient de « légiférer » dans ce consensus international. Des avancées considérables y ont été réalisées : l’OMI a accompagné la croissance du transport maritime et amélioré sa sécurité : les accidents de mer portant atteinte à l’environnement surviennent encore mais leur nombre et leur gravité ont été drastiquement réduits.
Devant l’urgence écologique, le politique a cru pouvoir utiliser les outils traditionnels de la législation contraignante ou de la fiscalité. Malheureusement, ces outils, même rénovés, ont trouvé leurs limites : l’échec du sommet de Copenhague et les difficultés de mise en œuvre de la taxe carbone en sont la cruelle illustration.
En effet, comme la mer, le climat est à tout le monde. Son échelle est planétaire. Sa régulation doit être globale. L’échec de Copenhague doit servir de leçon. En faisant comme si tout était à faire, et rien n’avait été fait, en opposant environnement et économie, en glorifiant le premier, en diabolisant la seconde, les bases étaient mal posées.
Car dans notre secteur bien sûr, beaucoup a déjà été fait. Sans contrainte. Dans la concertation. Dans le consensus international. Par conscience environnementale. Mais aussi par simple évidence économique. Réduire la vitesse, par exemple, c’est faire des économies de carburant mais aussi réduire les émissions dans l’air.
Ecologie et économie ne s’opposent pas. Il n’est point besoin de contraindre pour inciter. L’OMI le sait. Confions-lui la mise en œuvre de mesures applicables à tous et acceptables par tous. Laissons-lui le soin de définir les moyens transparents et incontournables de parvenir aux objectifs de réduction qui seront fixés à notre secteur.
Réduire de 20% les gaz à effet de serre du transport maritime d’ici à 2020 ? C’est ambitieux. Mais c’est possible. Par des mesures techniques et opérationnelles (des navires plus propres, une meilleure efficacité énergétique des moteurs, une optimisation des conditions et routes météo…). Pourtant, ce n’est pas Copenhague qui l’a proposé. C’est l’industrie maritime elle-même.